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Archives mensuelles : mars 2015

La mobilité genevoise est arrivée à un tournant…

Le constat est simple : enlisés dans une politique des transports du siècle passé, les Genevois souffrent au quotidien dans les bouchons, le bruit et la pollution.

De par son rayonnement de ville internationale, son insolente prospérité et son haut niveau de vie, Genève constitue un pôle d’attraction dont les effets s’étendent largement au-delà des frontières cantonales. Tous les jours, ce n’est pas moins de 550’000 personnes qui traversent les frontières cantonales dans les deux sens (y compris avec le canton de Vaud).

Nos infrastructures de transports ne sont tout simplement plus adaptées pour absorber ce flux.

Pourquoi ne les transformons-nous pas ?

Parce que, depuis de nombreuses années le canton de Genève est englué dans une guerre des transports impitoyable que se livrent deux camps : d’un côté les tenants de la mobilité douce et des transports collectifs et de l’autre les amoureux de la liberté individuelle, défenseurs de la voiture, des motos et autres scooters.

TdG-Paix-des-transports

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Les adversaires sont tellement campés sur leurs positions que chaque projet, qu’il soit de développement routier ou en faveur des transports publics est âprement contesté par le camp opposé. Evidemment, quelques projets passent tout de même la rampe (CEVA, lignes de tram, traversée de Vésenaz,..) mais c’est au gré de majorités fluctuantes souvent dictées par des intérêts divergents.

Le résultat ? Une politique des transports menée sans aucune vue d’ensemble.

La démonstration la plus récente? Une initiative des Verts visant à donner une priorité absolue au TPG sur l’ensemble du canton!
Cette proposition qui tente de résoudre un problème réel, la faible vitesse commerciale des transports publics, souffre du même défaut que d’autres avant elle:

Elle ne s’intéresse qu’à un pan de la mobilité au détriment de tous les autres!

Aujourd’hui, certaines réalités sont indéniables :

  • Le mythe de l’accessibilité partout en voiture a vécu
  • Pour de nombreux professionnels cependant, la mobilité individuelle reste indispensable
  • Les transports publics et la mobilité douce sont des alternatives viables et à développer
  • D’un autre coté, pour une grande majorité de pendulaires, en provenance de régions périphériques mal desservies par les transports publics, la voiture est la seule solution

C’est partant de ce constat et suite à l’initiative des Verts que le Grand Conseil a décidé de créer une sous-commission ad-hoc pour élaborer un contreprojet qui, pour une fois, tenterait de prendre en compte tous les aspects de la mobilité: voitures, deux-roues (motorisés ou non), transports publics, piétons.

Ce qui est unique et original dans cette démarche c’est que tous les participants (1 membre par parti) ont accepté de mettre de côté leurs différences pour partir de ce qu’ils veulent et non de ce qu’ils ne veulent pas.

Du simple bon sens ? Oui, mais la démarche est aux antipodes du processus parlementaire habituel: Normalement les commissions sont saisies d’un projet de loi qu’elles analysent, qu’elles décortiquent, qu’elles détricotent pour finalement l’amender, l’adoucir ou le renforcer légèrement. Le résultat du processus se résume trop souvent au plus petit dénominateur commun!

En lieu et place de ce processus destructif, il s’agit cette fois de construire quelque chose.

Chacun y amènera ses briques, le défi sera de trouver le ciment…