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Accusé! Veuillez prouver que vous n’avez PAS empoisonné la victime!

Voici une phrase que l’on est pas près d’entendre dans un tribunal suisse.
Parce qu’en droit suisse celui qui invoque un fait doit le prouver.

Cela n’a pourtant pas empêché le Conseil d’Etat de décréter que:

L’usage de la cigarette électronique est interdit dans les bâtiments de l’administration

Le Conseil d’Etat a interdit l’usage de la cigarette électronique dans tous les locaux de l’administration cantonale. Cette mesure vise à protéger le personnel.

A l’instar de la commission de santé et de sécurité au travail au sein de l’administration, le Conseil d’Etat constate que les cigarettes électroniques peuvent contenir des substances illégales ou nocives. En outre, il n’existe aucune preuve de l’innocuité de l’exposition passive à la vapeur qui se dégage lors du « vapotage ».

Pour toute information complémentaire : Mme Nadia Borowski, secrétaire générale adjointe, DF,
022 327 98 11.

Interdire le vapotage au prétexte fallacieux que son innocuité n’est pas prouvée est une approche pour le moins légère.

Grâce à l’émission « À bon entendeur » tout le monde sait que nous avons un chimiste cantonal qui dispose d’un équipement dernier cri pour analyser la toxicité de toutes les substances que l’on veut bien soumettre à sa sagacité.

Dès lors, pourquoi ne pas soumettre à ce laboratoire des échantillons et lui demander de confirmer ou d’infirmer la présence de ces fameuses substances illégales ou nocives ?

Les cigarettes électroniques fonctionnent au propylène-glycol, une substance largement utilisée comme additif alimentaire (E1520). Il est utilisé comme émulsifiant pour les sauces et les assaisonnements. On le retrouve très souvent dans les produits contenant des aromes (yaourt, chocolat, confiture, …).

Au niveau pharmacologique et cosmétique, il est identifié sous le numéro E490 et on le retrouve dans :

  • les soins personnels: bain douche et savons, gels, nettoyants visage, mousses à raser, lotion après-rasage, déodorants anti transpirants,  rouges à lèvres, parfums
  • Les soins de la peau : hydratants main, corps et  visage, produits solaires
  • Les soins des cheveux: shampoings, revitalisants, gels coiffants
  • Les soins bucco-dentaires: bains de bouche, dentifrices
  • Les soins pour bébé: lingettes, antiseptiques ;
  • certains médicaments : pour voir la liste des 131 médicament répertoriés qui en contiennent cliquez ici

Le propylène glycol est également utilisé pour simuler brouillard et fumée (fumigènes) dans les discothèques et dans l’industrie cinématographique.

Il est évidemment impossible d’apporter la preuve absolue qu’une substance est sans danger.

On dispose pourtant de ce qui s’en rapproche le plus: le très sérieux INRS français (Institut national de recherche et de sécurité) a publié une fiche toxicologique qui démontre que ce produit a été testé sous toutes ses coutures et ne présente pas le moindre danger connu pour la santé. Pour voir la fiche toxicologique, cliquez ici

Alors, à quand l’interdiction de la fumée artificielle dans les discothèques au nom du sacro-saint principe de précaution ?

precaution

 

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    3 réponses à Accusé! Veuillez prouver que vous n’avez PAS empoisonné la victime!

    • FREY Philippe (PLRC de Confignon) dit :

      Autant je n’aime pas, comme vous apparemment, le principe de précaution, autant je serais plutôt d’accord avec le Conseil d’Etat concernant le vapotage. Non pas parce qu’il expose les collègues de travail à un danger, mais parce que la liberté s’arrête là où commence celle des autres. Lorsque je suis au travail, je n’ai pas besoin d’être incommodé par la fumée des cigarettes électroniques, de même que je n’accepterais pas que mon voisin de bureau travaille en musique, en m’inondant de refrains que je n’aime peut-être pas.
      Quand on est en compagnie, le moins que l’on puisse faire est de respecter les autres et de ne pas les incommoder.

    • Daniel Zaugg dit :

      Je suis entièrement d’accord avec vous! Les autres méritent notre respect c’est à nous de ne pas les incommoder.
      Cependant c’est une question de politesse et non de santé publique. Pour preuve, la musique, qui comme vous le dites peut-être tout aussi incommodante, n’est pas interdite, elle.
      La question est: faut-il légiférer sur la politesse?

    • Erik Langlo dit :

      Sauf erreur notre magnifique nouvelle Constitution genevoise précise :

      « Art. 157 Principes
      1 L’Etat protège les êtres humains et leur environnement.
      2 Il lutte contre toute forme de pollution et met en œuvre les principes de prévention, de précaution et d’imputation des coûts aux pollueurs. »

      Si l’humanité avait appliqué le principe de précaution depuis ses débuts, nous vivrions toujours dans des cavernes. Sauf à Genève où il est interdit de faire du feu à l’extérieur, ça pourrait faire fondre la banquise… en plus comme on ne peut plus chasser, nous serions tous morts.

      Quant à légiférer sur la politesse ?
      D’abord c’est quoi cette notion rétrograde qui consiste à dire « bonjour, merci, s’il vous plait et autres fadaises ?
      Aujourd’hui c’est « un pour moi, et moi pour moi », si possible avec un casque sur les oreilles et les yeux scotchés sur son smartphone. En plus la politesse est en soi déjà un code, un ensemble de règles destinées à faciliter les civilités entre les personnes, ainsi qu’adapter sa tenue aux circonstances. Notez qu’en allemand il s’agit d’un terme désignant les « femmes-flics ».
      Légiférer sur la politesse à Genève ? Ca finira par rendre la tenue jeans-basquettes-tee-shirt obligatoire à la première du Grand Théätre et l’interdiction des petits fours. Juste de quoi plaire à M. Descaillet..
      Merci pour votre blog, il me réjouit !