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Et si nous touchions aux limites de la démocratie directe ?

Le peuple a toujours raison, dit-on en Suisse.

Comment ne pas être d’accord avec le fait que, si une majorité décide quelque chose, cette chose sera forcément favorable au plus grand nombre ?

Pour ma part je souscris totalement à cette idée, avec un petit bémol toutefois :

Ce n’est vrai que si le peuple est bien informé sur toutes les conséquences de ses décisions.
Ce n’est vrai que s’il décide en connaissance de cause.

Or, quelle est la réalité ? Dans la société actuelle, les citoyens sont submergés d’informations de toute sorte, de sollicitations publicitaires pour des élections et des votes sur une pléthore de sujets plus complexes les uns que les autres.

Ils délèguent donc aux politiciens la tâche d’approfondir ces questions, d’analyser les conséquences positives ou néfastes de telle ou telle idée.

Ensuite ils attendent de leurs élus que le résultat de ces travaux leur soit présenté d’une manière simple, digeste et surtout, compréhensible par des gens qui n’ont pas l’intention de passer des heures à potasser des sujets arides.

Pourtant, certaines décisions qui sont soumises aux citoyens ont des implications complexes car elles s’inscrivent dans un monde toujours plus interconnecté, toujours plus interdépendant. Comment, alors, trancher sans consacrer une énergie considérable à s’informer ?

Comment se faire une idée sur la justesse de telle ou telle proposition si on n’en maîtrise pas tous les tenants et aboutissants ?

La tentation est forte de ne se baser que sur quelques slogans, sur quelques idées fortes et facilement compréhensibles en négligeant les conséquences plus subtiles.

Cette tentation, beaucoup de politiciens l’ont bien comprise, surtout dans les formations dites « populistes ».

  • Touche pas à mon logement !
  • Sauvons nos parcs !
  • Non aux cowboys du câble !
  • Stop aux hausses des tarifs des transports publics Genevois !
  • Non à l’immigration massive !

Autant de slogans réducteurs qui ont emporté un vote populaire alors que les objets qui se cachent derrière ces formules lapidaires ont souvent des implications néfastes que les initiants se gardent bien de développer.

Je connais par exemple une dame qui a voté pour Luc Barthassat aux dernières élections parce qu’elle a entendu dire qu’il aimait les chats ! Je ne remets nullement en cause la qualité de Luc Barthassat en tant qu’élu, mais vous conviendrez que l’argument est un peu court pour élire l’une des personnes qui présidera aux destinées de notre Canton pour les 5 prochaines années !

Cette dame est-elle donc stupide ? Pas du tout ! Il s’agit en fait d’une personne intelligente et capable que je respecte énormément mais qui s’intéresse très peu à la politique. Elle est tout à fait représentative d’une grande partie de la population Suisse.

Cette communication à l’emporte-pièce, réductrice et sur-simplificatrice, les politiques en portent évidemment une large part de responsabilité. D’un autre côté, c’est également notre système qui veut ça.

Peut-on réellement reprocher à un politicien de prendre des raccourcis, de dire aux gens ce qu’ils veulent entendre, quand il sait parfaitement qu’il n’aura que quelques lignes dans un journal ou quelques minutes dans les médias pour convaincre ?

Cependant le résultat est là, sur la récente initiative UDC, qui prétérite durablement notre prospérité, le clivage est clair :
Tous les cantons les plus développés économiquement, tous les cantons contributeurs à la péréquation intercantonale (le système de redistribution des richesses entre les cantons « riches » et les cantons « pauvres ») ont voté non.

A l’inverse, les cantons bénéficiaire de cette péréquation ont dit oui. Se sont-ils rendu compte qu’en ce faisant ils détruisaient l’une des sources de la prospérité Suisse ? Qu’en quelque sorte, ils mordaient la main qui les nourrit ? Je ne pense pas.

Alors oui. Les politiques sont responsables de cette dérive. Mais les politiques sont mis en place par le peuple.

Et le peuple a toujours raison…

 

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