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La mobilité genevoise est arrivée à un tournant…

Le constat est simple : enlisés dans une politique des transports du siècle passé, les Genevois souffrent au quotidien dans les bouchons, le bruit et la pollution.

De par son rayonnement de ville internationale, son insolente prospérité et son haut niveau de vie, Genève constitue un pôle d’attraction dont les effets s’étendent largement au-delà des frontières cantonales. Tous les jours, ce n’est pas moins de 550’000 personnes qui traversent les frontières cantonales dans les deux sens (y compris avec le canton de Vaud).

Nos infrastructures de transports ne sont tout simplement plus adaptées pour absorber ce flux.

Pourquoi ne les transformons-nous pas ?

Parce que, depuis de nombreuses années le canton de Genève est englué dans une guerre des transports impitoyable que se livrent deux camps : d’un côté les tenants de la mobilité douce et des transports collectifs et de l’autre les amoureux de la liberté individuelle, défenseurs de la voiture, des motos et autres scooters.

TdG-Paix-des-transports

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Les adversaires sont tellement campés sur leurs positions que chaque projet, qu’il soit de développement routier ou en faveur des transports publics est âprement contesté par le camp opposé. Evidemment, quelques projets passent tout de même la rampe (CEVA, lignes de tram, traversée de Vésenaz,..) mais c’est au gré de majorités fluctuantes souvent dictées par des intérêts divergents.

Le résultat ? Une politique des transports menée sans aucune vue d’ensemble.

La démonstration la plus récente? Une initiative des Verts visant à donner une priorité absolue au TPG sur l’ensemble du canton!
Cette proposition qui tente de résoudre un problème réel, la faible vitesse commerciale des transports publics, souffre du même défaut que d’autres avant elle:

Elle ne s’intéresse qu’à un pan de la mobilité au détriment de tous les autres!

Aujourd’hui, certaines réalités sont indéniables :

  • Le mythe de l’accessibilité partout en voiture a vécu
  • Pour de nombreux professionnels cependant, la mobilité individuelle reste indispensable
  • Les transports publics et la mobilité douce sont des alternatives viables et à développer
  • D’un autre coté, pour une grande majorité de pendulaires, en provenance de régions périphériques mal desservies par les transports publics, la voiture est la seule solution

C’est partant de ce constat et suite à l’initiative des Verts que le Grand Conseil a décidé de créer une sous-commission ad-hoc pour élaborer un contreprojet qui, pour une fois, tenterait de prendre en compte tous les aspects de la mobilité: voitures, deux-roues (motorisés ou non), transports publics, piétons.

Ce qui est unique et original dans cette démarche c’est que tous les participants (1 membre par parti) ont accepté de mettre de côté leurs différences pour partir de ce qu’ils veulent et non de ce qu’ils ne veulent pas.

Du simple bon sens ? Oui, mais la démarche est aux antipodes du processus parlementaire habituel: Normalement les commissions sont saisies d’un projet de loi qu’elles analysent, qu’elles décortiquent, qu’elles détricotent pour finalement l’amender, l’adoucir ou le renforcer légèrement. Le résultat du processus se résume trop souvent au plus petit dénominateur commun!

En lieu et place de ce processus destructif, il s’agit cette fois de construire quelque chose.

Chacun y amènera ses briques, le défi sera de trouver le ciment…

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    4 réponses à La mobilité genevoise est arrivée à un tournant…

    • Jean-Michel+Esperet dit :

      Le trafic genevois est, au moins pour la moitié, un trafic transitaire ou pendulaire, par opposition à un trafic périphérie > centre-ville. Et il ne résume pas au trafic transfrontalier. Ainsi est notre paysage géographique et économique. Ainsi faudrait-il l’appréhender.
      La « mobilité douce » est donc de la poudre aux yeux, une introversion genevoise maladive. Un euphémisme pour parler d’ « immobilité crasse ». Surtout, depuis des années, une excuse politicarde pour ne rien faire. En parler encore aujourd’hui comme d’une « alternative viable » relève vraiment d’un positionnement de sous-commission, Désolé.

    • Daniel+Zaugg dit :

      Cher Jean-Michel,
      Je ne sais pas d’où vous tenez vos chiffres, 50% de trafic pendulaire et transitaire c’est largement exagéré!
      Mais admettons que vous ayez raison, pour le plaisir de la discussion. Et alors?
      Ca laisse 50 % de trafic interne, et en ville un nombre croissant de ménages abandonnent la voiture.
      La mobilité douce n’est en aucun cas LA solution, mais c’est un des éléments d’une vision globale que nous devons avoir. Et je vous rappelle que dans la mobilité douce, il y a aussi les déplacements à pied dont il me semble savoir que vous êtes également un adepte.

      Pour ma part je fais un large usage du « libre choix du mode de transport » (traduisez: je roule presque exclusivement en voiture ou en scooter) mais aujourd’hui, il me semble de plus en plus que ce « libre choix » est avant tout la liberté de m’encolonner dans les bouchons!

      Ce que la sous-commission, composée des ténors de la mobilité de tous les partis représentés au Grand Conseil, tente de faire c’est de trouver une solution qui prenne en compte TOUTES les mobilités.

      Cependant, ne soyez pas désolé, votre réaction est simplement symptomatique de cette vision un peu monocolore des transports du siècle passé où vous et moi avons passé la majeure partie de notre vie…

    • Anne-Marie Gaillet dit :

      Un partenariat public privé. Demandez à chaque automobiliste de participer pour une meilleure mobilité afin de réduire les temps de trajets en transports en communs. Exemple mettre entre 20 à 30 minutes du quartier PAV à Cornavin est plus lent que de s’y rendre à pied. Cela ne passe pas par la gratuité! !

    • Jean-Michel+Esperet dit :

      Merci de m’avoir répondu et bon courage.