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Archives mensuelles : janvier 2011

MCG = Marre de Ces Gêneurs

Tout le monde se souvient de John McEnroe, ce brillant joueur de tennis qui énervait tout le monde en contestant chaque décision de l’arbitre. Pas grand-chose à voir avec le fair-play légendaire de notre Federer national !

Eh bien c’est ce qui se passe au Grand Conseil avec le MCG, le côté brillant en moins…

 A chaque plénière le parlement passe entre ½ heure et ¾ d’heure à refuser les mêmes demandes d’urgences sur les mêmes objets, tous déposés par le MCG.

Ce qui est gênant, ce n’est pas tant qu’ils considèrent que tous les objets qu’ils déposent sont urgents, mais bien qu’ils reviennent sans cesse à la charge, refusant les décisions démocratiques du parlement.

 Leur dernière trouvaille ?

Déposer 17 fois le même projet de loi en ne changeant que le titre !

De quoi s’agit-il ?

D’un projet de loi anti-CEVA, déposé par l’avocat des recourant Mauro Poggia, en flagrante violation de l’article 24 de loi portant règlement du Grand Conseil qui précise que : …les députés qui ont un intérêt personnel direct à l’objet soumis à la discussion, ne peuvent intervenir ni voter…

Ce projet, déposé une première fois en décembre , s’est retrouvé coincé dans l’ordre du jour par l’impatience même de ceux qui l’avaient rédigé. Au lieu de le laisser partir sans débat pour un traitement en commission comme il est d’usage ils ont demandé la discussion immédiate et l’urgence.

La première ayant été acceptée mais pas la seconde ils se sont retrouvé avec un projet qui certes, fera l’objet d’un débat au parlement, mais pas tout de suite, ce qui évidemment n’arrange pas leurs visées électoralistes.

Donc ce parti qui prétend défendre les citoyens ne trouve rien de mieux à faire que de bloquer le parlement et gaspiller l’argent du contribuable dans le seul but de se faire de la publicité !

Ces façons de faire, pour légales qu’elles soient, démontrent un manque de fair-play total et réaffirment une fois de plus la priorité unique de ce parti : se faire mousser, être visible, être présent dans les médias.

Même ce billet d’humeur contribue à leur notoriété en vérifiant le vieil adage : en bien, en mal, pourvu qu’on parle de nous…

Allons-nous devoir nous doter d’une Lex Staufferia pour nous prémunir de ces abus systématique de la procédure ? Allons-nous devoir limiter le nombre d’urgences déposées par parti ? Introduire une impossibilité de redemander une urgence ou de redéposer un projet de loi ?

Allons-nous devoir gaspiller l’argent du contribuable à étudier le meilleur moyen d’empêcher une seule personne de bloquer les travaux du parlement ?

Logement : un remède de cheval !

Il y avait cet homme qui avait mal à la tête depuis vingt ans.

Pour se soigner, toutes les heures, il se donne un bon coup de marteau sur le crâne. De nombreux amis lui ont déconseillé cette méthode, mais il…s´entête.

Un beau matin, ses amis se réunissent tous autour d´une table et tentent de lui démontrer que non seulement son « traitement » est inefficace mais qu´en fait, il empire le mal.

L´homme, pas vraiment convaincu, accepte d´essayer autre chose. Les heures passent, son mal de crâne fluctue, il y a des signes d´amélioration encourageants mais la douleur ne cesse pas complètement pour autant.

Le lendemain matin, il a toujours mal à la tête et perdant patience il décrète que son nouveau traitement est inefficace : il décide qu´il lui faut un remède de cheval  et part s´acheter une enclume dans l´intention de se la lâcher sur la tête à intervalles réguliers pour mieux se soigner…

C´est cette histoire que me rappelle la nouvelle initiative de l´Asloca 

S´il est vrai que les logements tardent à se construire à Genève, que les objectifs ambitieux que s´était fixés le Conseil d´Etat ne sont pas atteints, ce n´est certainement pas en remettant en place les mêmes contraintes qui pendant plus de vingt ans ont bloqué toute construction à Genève qu´on résoudra le problème !

En quatre ans, Mark Muller n´a pas réussi à lever tous les obstacles que ses prédécesseurs, notamment Christian Grobet (actuel vice-président de l´Asloca) et Laurent Moutinot, ancien de l´Asloca, ont patiemment contribué à mettre en place.

Est-ce étonnant ?

Malheureusement non ! Pas dans un canton où l´acte de construire prend entre 8 et 12 ans.

En tirant un bilan intermédiaire, ne négligeons pas, au delà des grands projets emblématiques qui sont toujours bloqués, le travail réel que le Conseiller d´Etat a entrepris dans l´allégement des procédures et qui commence à porter ses fruits, comme en témoigne l´explosion record du nombre d´autorisation de construire accordées et les nombreux projets de construction qui sont en cours de réalisation en ce moment même.

Dans un monde esclave du court terme, où Google et les téléphones portables nous ont habitué à des réponses immédiates, où les managers des multinationales et les analystes financiers ne naviguent que les yeux rivés sur les prochains résultats trimestriels, où le profit immédiat est devenu la règle, les milieux de gauche qui traditionnellement critiquent ces dérives ne devraient pas perdre de vue une réalité: l’action politique, surtout lorsqu’elle est consensuelle à la Suisse, prend du temps.

A l´heure où les premiers frémissements positifs se font sentir dans un marché de la construction en pleine reprise, ne jetons pas le bébé avec l´eau du bain !