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Soit la gauche est bête, soit elle est méchante…

En faisant adopter une loi, signée Caroline Marti, qui force l’Etat à compenser toute perte des TPG par une augmentation de la subvention sans possibilité  d’adapter les tarifs, la gauche vient effectivement d’étatiser les TPG

« L’Etat devra compenser les pertes des TPG » (Article TdG du 21.09.2017)

Que signifie le statut « d’établissement public autonome » des TPG ?

Il veut dire que les TPG, bien que subventionnés à plus de 50% et encadrés par un contrat de prestations, disposent d’une certaine marge de manœuvre pour atteindre les résultats demandés en adaptant, soit leurs prix, soit leurs prestations.

Aujourd’hui, avec les prix de vente les plus bas de Suisse gravés dans le marbre et des prestations fixées par le politique, cette autonomie a complètement disparu.

En obligeant l’Etat à compenser automatiquement (et rétroactivement !), toutes les pertes des TPG, la gauche vient de donner un coup d’arrêt complet au développement de notre réseau de transports publics !

L’Etat de Genève manque cruellement de ressources, il n’aura désormais plus qu’un souci : limiter le montant des pertes qu’il devra compenser.

Le résultat sera une stagnation complète de l’offre, voire, à terme, des réductions de prestations.

Bien sûr, il reste théoriquement d’autres solutions :

  • Réduire des prestations dans d’autres domaines
  • Augmenter les impôts

Les deux sont malheureusement irréalistes : toute réduction des prestations étatiques est  farouchement et avec succès combattue par la gauche, on le voit en Ville de Genève avec le dernier référendum sur les coupes budgétaires. Quant aux possibilités de hausses d’impôts, dans le canton qui a déjà la fiscalité la plus lourde de Suisse, elles sont quasi inexistantes et là, c’est la droite qui les combattra, avec le même succès !

Alors, la gauche, bête ou méchante ?

Si elle croit réellement qu’elle soutient les transports publics en faisant passer cette loi, elle est bête.

L’autre scénario est pire : elle est parfaitement consciente des implications désastreuses de sa loi pour les transports publics, mais elle s’en fiche. La détérioration programmée de l’offre générera une insatisfaction croissante dans la population et alimentera la guerre des transports. Cela créera également un inépuisable sujet de référendums et de luttes, assurant la visibilité de la gauche pour les prochaines élections.

Un scénario improbable ? Il est pourtant appliqué depuis de nombreuses années avec succès par l’ASLOCA qui, en bloquant la construction à Genève, assure son propre avenir,

Mais je n’arrive pas à croire que la gentille Caroline Marti soit aussi méchante et calculatrice…

ABE

L’incroyable business des #fakenews

J’ai toujours cru que les fausses nouvelles étaient orchestrées par d’obscurs groupements politiques aux sombres desseins. La réalité est encore pire !

Au départ c’est un innocent post Facebook de la députée Magali Orsini qui m’a fait réagir : Crocodile découvert dans le Lac Léman !

Crocodile-magaliLe lien pointait vers un article du site actualite.co.

On en voit beaucoup sur Facebook, de ces sites, aux noms apparemment légitimes mais que personne ne peut relier à un organe de presse ou d’information reconnu.

Souvent, ils colportent des messages de haine, ou alors, des news destinées à attiser celle-ci.

Je savais donc que j’avais affaire à un #fake mais aujourd’hui, la curiosité m’a poussé à creuser plus loin.

Ce que j’ai découvert m’a laissé sans voix !

Saviez-vous que des news comme celle du crocodile, vous pouvez les créer vous-mêmes en 5 minutes?

actualiteVisitons le site actualite.co. La page d’accueil est explicite :

« Crée ta blague rapidement » !

N’importe qui peut donc, gratuitement, créer sa fausse actualité, la publier sur les réseaux sociaux, créer des réactions, lancer des rumeurs…

Ce site là a encore l’air d’être relativement innocent, on parle de blagues et on affirme que les propos racistes et haineux sont prohibés.

Mais cette première découverte m’a donné envie d’en savoir plus.

Je me suis donc focalisé sur les élections américaines, où l’on a beaucoup entendu parler de l’influence des fake news. Quelques clics sur Google m’ont permis de découvrir qu’un bon nombre des sites répertoriés comme colporteurs de fake news pendant la présidentielle étaient enregistrés au nom d’un certain Jestin Coler.

La journaliste radio Laura Sydell a suivi en novembre dernier le même raisonnement que moi, et a poursuivi M. Coler jusque dans la banlieue de Los Angeles, où il résidait.

Cet homme, qu’elle qualifie de « parrain du business des fake news« , a créé et dirige depuis 2013 Disinfomedia, une compagnie qui possède les sites NationalReport.net (toujours actif) et USAToday.com.co, WashingtonPost.com.co (aujourd’hui hors ligne) ainsi que de nombreux autres.

Jestin-ColerCertains de ses sites ont publié pendant la campagne présidentielle de fausses informations qui sont devenues virales par la suite.

Il y a eu celle qui affirmait que « Un agent du FBI ayant révélé des emails de Clinton a été retrouvé mort dans des circonstances suspectes ».
Complètement fausse mais partagée plus d’un demi million de fois sur Facebook.

Une autre de ses fausses infos a même poussé un élu du Colorado à proposer un projet de loi pour « Empêcher les gens bénéficiant de bons d’alimentation de l’assistance publique d’utiliser ceux-ci pour acheter de la marijuana », le tout, là aussi, basé sur quelque chose qui n’est jamais arrivé !

Les motivations de départ de M. Coler, qui vote démocrate, étaient louables :

Son intention était de créer des fausses nouvelles haineuses, de les propager sur les réseaux sociaux de l’alt-right, l’extrême droite américaine, pour démontrer à quel point il est facile d’influencer ces gens-là.
Il voulait, en dénonçant ensuite publiquement ses propres fausses nouvelles, révéler le potentiel de manipulation de l’opinion dans l’extrême droite.

L’interview montre que, quelque part en chemin, les belles motivations idéalistes se sont évaporées. Le succès de ses fausses nouvelles auprès d’une certaine frange de la population, qui en est carrément avide, a dépassé toutes ses espérances.

Aujourd’hui M. Coler ne s’embarrasse plus de considérations morales : sa compagnie emploie environ 25 rédacteurs et il vit confortablement (un salaire entre $ 10’000 et $ 30’000 par mois) grâce aux royalties engrangées par les clics sur les publicités de ses sites web. Il sert aux gens « ce qu’ils veulent entendre ». Plus la nouvelle est outrageuse, plus elle sera partagée, plus il y aura de clics.

Selon son propre aveu il a même essayé d’écrire des fausses nouvelles pour les libéraux mais cela n’a pas pris, « ils refusent de tomber dans le panneau ».

La surprenante conclusion de mon « enquête » est que si, aujourd’hui, nous sommes envahis de fausses informations, la plupart d’entre elles ne sont même pas rédigées dans l’intention de convaincre qui que ce soit!

La seule motivation c’est le nombre de partages, le nombre de clics. 

Le seul but est de faire de l’argent.

…et ce n’est quand même pas la faute des rédacteurs de fausses nouvelles si leurs meilleurs « clients » sont les extrémistes de tout poil!

Alors demain, quand vous lirez une nouvelle trop belle pour être vraie, une nouvelle qui illustre parfaitement vos idées les plus intolérantes, avant de la partager, posez-vous la question…

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Trois législatures au Grand Conseil…

Hier, j’ai quitté le Grand-Conseil.

Mes raisons sont professionnelles : dans le contexte économiquement tendu que vit la construction, je dois aujourd’hui consacrer toute mon énergie à mes entreprises, Rhône-Electra SA et Rhône-Electra Engineering SA.

Je pars sur un double succès, la Traversée du Lac et le contreprojet mobilité, des projets que j’ai portés et qui ont été acceptés par le peuple ce 5 juin 2016.

Je l’avoue sans fausse modestie, je suis fier de ce que j’ai accompli.

Aujourd’hui, j’aimerais vous livrer quelques réflexions qui m’ont été inspirées par cette aventure politique sur trois législatures.

Au-delà des discours parfois polémiques et provocateurs, nous avons tous des valeurs semblables :

  • Personne ne veut privilégier les étrangers par rapport aux résidents
  • Personne ne veut mettre en danger la planète
  • Personne ne veut affaiblir notre économie
  • Personne ne veut précariser davantage les plus démunis

Le compromis sur la mobilité a prouvé qu’il est possible, même sur un sujet aussi polarisé que les transports, de donner à l’autre ce qu’il veut tout en préservant ses propres fondamentaux.

C’est possible, à condition d’écouter les demandes de nos adversaires
et de réfléchir honnêtement aux moyens d’aller dans leur sens.

Laissez-moi paraphraser Martin Luther King : « I have a dream… »

  • Je rêve que ce que nous avons réussi à faire autour du projet mobilité devienne la règle plutôt que l’exception.
  • Je rêve que des chefs de partis de tendances opposées se réunissent pour négocier dans quelles conditions ils peuvent faire avancer Genève.
  • Je rêve que sur un sujet largement plébiscité comme la Traversée du Lac, la gauche nous contacte en disant : « Le peuple l’a voulue, nous sommes prêts à la soutenir, voici nos conditions… »
  • Je rêve qu’à droite on ne réponde pas : « On a gagné, vos conditions sont irréalisables, on fera ce qu’on veut !»
  • En bref, je rêve qu’on négocie plus et qu’on s’affronte moins

Nous nous confrontons à des adversaires idéologiques, mais nous devons nous souvenir qu’ils sont aussi nos partenaires politiques.

Je terminerai en citant le député libéral et ancien président du parlement René Koechlin qui, en un temps où les clivages étaient plus simples, a dit :

« Lorsque les libéraux et les socialistes avancent main dans la main, rien ne peut les arrêter »

Aujourd’hui il faut un peu plus de mains, mais cela n’en reste pas moins vrai.

A mes anciens compagnons de route, à tous ceux de tous bords, qui ont le courage, le temps et l’énergie de continuer à s’investir pour faire avancer Genève je dis bravo et merci.

Même si le rythme parlementaire est frustrant, même s’il faut perdre souvent pour gagner quelques fois, ce que vous faites est important, c’est la définition même de la démocratie, c’est ce qui fait la force de notre beau pays, de notre république.

Bonne continuation.

Vive Genève !

 

Présidence du PLR: Zweifel, sans aucun doute!

Ce jeudi, le PLR renouvelle sa présidence.

Si les quatre dernières années ont été essentiellement consacrées à la fusion, elle est aujourd’hui une réalité. Même si quelques anciens Libs ou Radis « canal historique » gardent des sensibilités différentes, la brochette de nouveaux élus sous la bannière PLR nous garantit que les clivages importants appartiennent au passé. Il n’y a plus guère que quelques journalistes en mal de copie qui cherchent à mettre en avant ces différences alors que pour nous, elles constituent une richesse.

Aujourd’hui, le défi consiste à capitaliser sur notre succès aux municipales. L’érosion des voix a été stoppée. A nous de prouver aux électeurs que pour la défense de l’économie et donc de notre prospérité, le PLR est le seul choix rationnel.

A nous aussi de casser l’image PLR = parti des banques et des multinationales et de rappeler que l’économie, en Suisse, c’est les PME.

Alors, ca sert à quoi un président?

  • Le président a un rôle de coordination: c’est lui qui doit être le ciment qui relie les élus (nationaux, cantonaux, communaux) et la base des militants et électeurs. C’est lui qui est le garant de la ligne générale du parti, de nos valeurs de base.
  • Le président, c’est aussi l’image d’un parti. C’est lui que l’on interviewe, c’est lui qui détermine la forme que prendra notre communication.

Le cahier des charges est donc simple:

Aujourd’hui, le PLR a besoin de quelqu’un avec des idées et surtout une ligne claire. Quelqu’un qui n’aura pas peur de faire une politique de droite, sans pour autant négliger notre volet humaniste. Quelqu’un qui connait les communes genevoises et leurs spécificités, mais parallèlement aussi le fonctionnement du Grand Conseil. Quelqu’un qui soit prêt à mouiller sa chemise pour le parti et pour ses membres. Quelqu’un qui sera rassembleur.

C’est à ce propos que j’aimerais vous parler de mon ami et voisin de banc depuis 2013 au Grand-Conseil, Yvan Zweifel, candidat à la présidence:zweifel

Tombé dans la marmite politique quand il était tout petit, il a été élu à 23 ans au Conseil municipal de la ville d’Onex et réélu à chaque fois.

Expert-comptable de formation, ses connaissances en matière de gestion financière et de fiscalité sont un avantage indéniable pour le groupe des députés et pour le parti.

Mais c’est aussi le sens de la répartie aiguisé et son style oratoire toujours doté d’une pointe d’humour ravageuse qui font de ce champion du monde francophone d’improvisation théâtrale un député écouté au parlement.

Avec sa connaissance des communes, des enjeux cantonaux et son dynamisme, Yvan Zweifel est l’homme qu’il nous faut, l’homme que j’aimerais voir nous représenter.

Et si la police redevenait sympathique ?

Je dois vous l’avouer, quand j’ai lu mercredi que la police nous préparait une grève du zèle je me suis dit :

« Y’en a marre ! Quand est-ce qu’ils vont arrêter de nous faire ch… ! »

Alors quand, hier, j’ai été abordé dans la rue par un homme souriant, en civil, qui m’a dit : « Bonjour ! C’est la police, vous prendrez bien un peu de chocolat ? » j’ai été, comme d’autres je suppose, agréablement surpris. S’en est suivi un échange d’idées constructif lors duquel le policier m’a expliqué ses inquiétudes et sa révolte et lors duquel j’ai également pu lui dire ce que je pensais.

A la fin de l’entretien, je me suis dit que les syndicats de police avaient dû consulter des spécialistes en communication émotionnelle, les fameux « spin doctors », parce que
là, franchement, ils ont fait tout juste !

Après une grève des amendes, une grève de l’uniforme et du rasoir, des manifestations en uniforme et un défilé non autorisé toutes sirènes hurlantes, ces policiers, qui nous avaient habitués à mésuser de leur autorité et à bafouer l’image de leur corporation ont enfin choisi une approche intelligente et conviviale.

Je suis convaincu que cette action « de proximité », basée sur l’explication et le dialogue leur a rapporté plus de soutien populaire que toutes leurs précédentes gesticulations.

Elle leur a entre autre permis de prendre le pouls de l’opinion populaire et de mieux comprendre comment ils sont perçus par les genevois.

J’ai malheureusement dû déchanter en apprenant ce matin dans le journal que Christian Antonietti, dirigeant syndical des policiers, s’insurgeait contre le fait que la hiérarchie avait interdit une action plus musclée.

Pourtant, si j’avais été forcé de m’arrêter lors d’un contrôle routier par un policier dans le seul but de m’expliquer ses soucis et de me distribuer une barre chocolatée, je n’aurais pas du tout apprécié cet abus d’autorité.

Il est triste de constater que les dirigeants des syndicats de la police, obsédés par leurs rêves de manifestations grandiloquentes avec pancartes et mégaphone, ne sont même pas capables de se rendre compte quand ils gagnent des points !

Messieurs les policiers, je vous engage à réfléchir si vos représentants syndicaux, qui ont l’air de penser que la lutte dure est la seule solution, vous représentent vraiment.

Peut-être que pour obtenir des résultats, vous devriez commencer par élire à la tête de vos syndicats des gens moins bornés ?

Mobilité: Et si on cherchait une solution ensemble?

Ce 2 décembre est à marquer d’une pierre blanche!

Dans son blog, René Longet, a fait un pas de géant en direction d’un consensus

ReneLongetParlant de la Traversée du Lac, l’ancien président du parti socialiste dit que « compléter l’autoroute de contournement de cette façon paraît, du moins sur la carte, relativement cohérent. »

La formulation est précautionneuse, le phrasé méfiant, mais le fait est là: un peu plus loin dans son texte, M. Longet appelle la droite et la gauche à travailler ensemble pour élaborer une solution commune.

Ce ne serait que du blabla politique si nous n’avions pas, très prochainement, une occasion unique de mettre l’idée en pratique.

En effet, ce jeudi, sauf coup de théâtre, le Grand Conseil se prononcera en faveur de l’étude d’un contreprojet à l’IN 154 « Pour des transports publics plus rapides ».

Cette initiative propose, pour résoudre les problèmes tout à fait réels des TPG, d’accorder une priorité absolue à ceux-ci sur l’ensemble du canton.

Comme beaucoup de récentes propositions roses-vertes, elle pêche cependant sur un point fondamental: la solution proposée ne tient absolument pas compte des autres modes de transports, notamment la mobilité individuelle motorisée, qu’elle risque de péjorer gravement. Celle-ci représente pourtant, et encore pour longtemps, le mode de déplacement majoritaire de la population du Grand Genève !

Je concède volontiers que certaines propositions de droite ne sont guère plus nuancées.

Avec le contreprojet, nous disposerons d’un an pour élaborer une proposition qui tiendra compte, je l’espère, de l’ensemble des modes de déplacement.

Les services de Luc Barthassat, qui planchent depuis quelques temps sur un projet de loi qui poursuivrait cet objectif, ont proposé par la voix de leur conseiller d’Etat, que celui-ci serve de base aux travaux des députés.

Bien que le projet ne soit aujourd’hui qu’au stade d’ébauche, il contient des orientations intéressantes, jugez-en vous-mêmes:

  • Définition de trois zones, hypercentre, centre et périphérie au traitement différencié
  • Dans l’hypercentre, la priorité serait clairement donnée aux transports publics et à la mobilité douce, mais l’accessibilité sera préservée, notamment pour les transports professionnels (livraisons)
  • Définition d’une « petite ceinture » permettant de contourner aisément l’hypercentre
  • Définition de pénétrantes dédiées, par mode, si possible en sens unique
  • Maintien d’un fort axe dédié au transport individuel sur le « U » lacustre (malheureux mais indispensable tant que l’on ne dispose pas d’un contournement autoroutier)

Ce ne sera pas facile, il y aura des couleuvres à avaler de part et d’autre, des modifications à apporter à cette ébauche, mais l’idée de base est d’élaborer un projet qui s’occupe de tous les modes de déplacement, un projet de mobilité globale.

Je terminerai ce billet par une citation de René Koechlin, ancien président du Grand Conseil:

« Lorsque la gauche et la droite marchent main dans la main, aucun obstacle ne leur résiste »

Pour lire le blog de René Longet cliquez ici :
http://longet.blog.tdg.ch/archive/2014/11/30/grande-traversee-du-lac-vers-un-grand-compromis-des-transpor-262351.html

Y’en a marre de ces miliciens…

Ce matin j’ai croisé deux grands types, baraqués, mal rasés en jeans et tee-shirt, l’air de vrais durs, qui déambulaient d’un pas nonchalant comme si la ville leur appartenait. Des personnages peu rassurants qui, si je les avais rencontrés à 23h, m’auraient incité à changer de trottoir.

En plus ils se baladaient armés d’un pistolet et d’un bâton tactique ! Ah oui, j’oubliais, ils avaient également un brassard orange marqué police…

A quoi reconnaît-on le suspect?

A quoi reconnaît-on le suspect?

Mais pour qui se prennent-ils ? On a vraiment l’impression qu’une milice tchétchène a envahi nos rues !

Quand j’étais gamin mes parents me disaient : « Si jamais tu as un problème grave, tu vas vers n’importe quel monsieur en uniforme et tu lui en parles, ce sont nos amis, ils nous protègent… »

Aujourd’hui ce serait : « Si tu as un problème, va vers ces types à l’air louche qui se baladent armés en regardant le monde d’un air méprisant… »

Bravo pour le respect que vous inspirez, messieurs les représentants des forces de l’ordre !

Vous rendez-vous seulement compte que par votre attitude, VOUS menacez notre sécurité ?

Quand est-ce qu’un voyou aura la brillante idée de se faire passer pour un policier si tout ce qu’il faut c’est une gueule mal rasée et un brassard ?

Votre attitude est scandaleuse !

police manifestant

Papa, c’est des méchants?
Non, non, ils nous protègent…

Alors quand on apprend que des policiers ont osé manifester en tenue, armés et masqués je me pose des questions : Avons-nous laissé se former un état dans l’état ? Les policiers peuvent-ils tout faire en toute impunité ?

Je vous le dis tout net messieurs de l’UPCP, par vos actions vous discréditez un corps constitué honorable et ce n’est pas votre secrétaire général M. Antonietti qui améliore les choses lorsqu’il déclare que les policiers, eux, contrairement aux ASP, ne manifesteront pas en uniforme.

Il ne manquerait plus qu’ils ne le mettent que pour commettre des actions illégales…

Quant à la lettre que M. Antonietti s’est permis d’adresser aux députés, dans laquelle l’UPCP dicte ses conditions et menace l’Etat d’intensifier encore ses actions, sur la plupart d’entre nous elle n’aura eu que l’effet inverse à ce que vous désirez…

Il est temps de siffler la fin de la récréation !

Et c’est ce que le Conseil d’Etat devra faire dès que nous lui en aurons donné les moyens au travers de la nouvelle LPOL (Loi sur la police).

Accusé! Veuillez prouver que vous n’avez PAS empoisonné la victime!

Voici une phrase que l’on est pas près d’entendre dans un tribunal suisse.
Parce qu’en droit suisse celui qui invoque un fait doit le prouver.

Cela n’a pourtant pas empêché le Conseil d’Etat de décréter que:

L’usage de la cigarette électronique est interdit dans les bâtiments de l’administration

Le Conseil d’Etat a interdit l’usage de la cigarette électronique dans tous les locaux de l’administration cantonale. Cette mesure vise à protéger le personnel.

A l’instar de la commission de santé et de sécurité au travail au sein de l’administration, le Conseil d’Etat constate que les cigarettes électroniques peuvent contenir des substances illégales ou nocives. En outre, il n’existe aucune preuve de l’innocuité de l’exposition passive à la vapeur qui se dégage lors du « vapotage ».

Pour toute information complémentaire : Mme Nadia Borowski, secrétaire générale adjointe, DF,
022 327 98 11.

Interdire le vapotage au prétexte fallacieux que son innocuité n’est pas prouvée est une approche pour le moins légère.

Grâce à l’émission « À bon entendeur » tout le monde sait que nous avons un chimiste cantonal qui dispose d’un équipement dernier cri pour analyser la toxicité de toutes les substances que l’on veut bien soumettre à sa sagacité.

Dès lors, pourquoi ne pas soumettre à ce laboratoire des échantillons et lui demander de confirmer ou d’infirmer la présence de ces fameuses substances illégales ou nocives ?

Les cigarettes électroniques fonctionnent au propylène-glycol, une substance largement utilisée comme additif alimentaire (E1520). Il est utilisé comme émulsifiant pour les sauces et les assaisonnements. On le retrouve très souvent dans les produits contenant des aromes (yaourt, chocolat, confiture, …).

Au niveau pharmacologique et cosmétique, il est identifié sous le numéro E490 et on le retrouve dans :

  • les soins personnels: bain douche et savons, gels, nettoyants visage, mousses à raser, lotion après-rasage, déodorants anti transpirants,  rouges à lèvres, parfums
  • Les soins de la peau : hydratants main, corps et  visage, produits solaires
  • Les soins des cheveux: shampoings, revitalisants, gels coiffants
  • Les soins bucco-dentaires: bains de bouche, dentifrices
  • Les soins pour bébé: lingettes, antiseptiques ;
  • certains médicaments : pour voir la liste des 131 médicament répertoriés qui en contiennent cliquez ici

Le propylène glycol est également utilisé pour simuler brouillard et fumée (fumigènes) dans les discothèques et dans l’industrie cinématographique.

Il est évidemment impossible d’apporter la preuve absolue qu’une substance est sans danger.

On dispose pourtant de ce qui s’en rapproche le plus: le très sérieux INRS français (Institut national de recherche et de sécurité) a publié une fiche toxicologique qui démontre que ce produit a été testé sous toutes ses coutures et ne présente pas le moindre danger connu pour la santé. Pour voir la fiche toxicologique, cliquez ici

Alors, à quand l’interdiction de la fumée artificielle dans les discothèques au nom du sacro-saint principe de précaution ?

precaution

 

Et si nous touchions aux limites de la démocratie directe ?

Le peuple a toujours raison, dit-on en Suisse.

Comment ne pas être d’accord avec le fait que, si une majorité décide quelque chose, cette chose sera forcément favorable au plus grand nombre ?

Pour ma part je souscris totalement à cette idée, avec un petit bémol toutefois :

Ce n’est vrai que si le peuple est bien informé sur toutes les conséquences de ses décisions.
Ce n’est vrai que s’il décide en connaissance de cause.

Or, quelle est la réalité ? Dans la société actuelle, les citoyens sont submergés d’informations de toute sorte, de sollicitations publicitaires pour des élections et des votes sur une pléthore de sujets plus complexes les uns que les autres.

Ils délèguent donc aux politiciens la tâche d’approfondir ces questions, d’analyser les conséquences positives ou néfastes de telle ou telle idée.

Ensuite ils attendent de leurs élus que le résultat de ces travaux leur soit présenté d’une manière simple, digeste et surtout, compréhensible par des gens qui n’ont pas l’intention de passer des heures à potasser des sujets arides.

Pourtant, certaines décisions qui sont soumises aux citoyens ont des implications complexes car elles s’inscrivent dans un monde toujours plus interconnecté, toujours plus interdépendant. Comment, alors, trancher sans consacrer une énergie considérable à s’informer ?

Comment se faire une idée sur la justesse de telle ou telle proposition si on n’en maîtrise pas tous les tenants et aboutissants ?

La tentation est forte de ne se baser que sur quelques slogans, sur quelques idées fortes et facilement compréhensibles en négligeant les conséquences plus subtiles.

Cette tentation, beaucoup de politiciens l’ont bien comprise, surtout dans les formations dites « populistes ».

  • Touche pas à mon logement !
  • Sauvons nos parcs !
  • Non aux cowboys du câble !
  • Stop aux hausses des tarifs des transports publics Genevois !
  • Non à l’immigration massive !

Autant de slogans réducteurs qui ont emporté un vote populaire alors que les objets qui se cachent derrière ces formules lapidaires ont souvent des implications néfastes que les initiants se gardent bien de développer.

Je connais par exemple une dame qui a voté pour Luc Barthassat aux dernières élections parce qu’elle a entendu dire qu’il aimait les chats ! Je ne remets nullement en cause la qualité de Luc Barthassat en tant qu’élu, mais vous conviendrez que l’argument est un peu court pour élire l’une des personnes qui présidera aux destinées de notre Canton pour les 5 prochaines années !

Cette dame est-elle donc stupide ? Pas du tout ! Il s’agit en fait d’une personne intelligente et capable que je respecte énormément mais qui s’intéresse très peu à la politique. Elle est tout à fait représentative d’une grande partie de la population Suisse.

Cette communication à l’emporte-pièce, réductrice et sur-simplificatrice, les politiques en portent évidemment une large part de responsabilité. D’un autre côté, c’est également notre système qui veut ça.

Peut-on réellement reprocher à un politicien de prendre des raccourcis, de dire aux gens ce qu’ils veulent entendre, quand il sait parfaitement qu’il n’aura que quelques lignes dans un journal ou quelques minutes dans les médias pour convaincre ?

Cependant le résultat est là, sur la récente initiative UDC, qui prétérite durablement notre prospérité, le clivage est clair :
Tous les cantons les plus développés économiquement, tous les cantons contributeurs à la péréquation intercantonale (le système de redistribution des richesses entre les cantons « riches » et les cantons « pauvres ») ont voté non.

A l’inverse, les cantons bénéficiaire de cette péréquation ont dit oui. Se sont-ils rendu compte qu’en ce faisant ils détruisaient l’une des sources de la prospérité Suisse ? Qu’en quelque sorte, ils mordaient la main qui les nourrit ? Je ne pense pas.

Alors oui. Les politiques sont responsables de cette dérive. Mais les politiques sont mis en place par le peuple.

Et le peuple a toujours raison…

 

Initiative « Contre l’immigration de masse »

Les routes saturées ? Ne cherchez plus, c’est à cause de l’immigration.
La pénurie de logements ? C’est la faute à l’étranger.

Pour lutter contre ces différents fléaux, la réponse est tout trouvée: YAKA fermer les frontières !

La solution est simple, pourquoi n’y avons-nous pas pensé plus tôt ?

Et d’abord, qu’est-ce qui attire les étrangers dans notre beau pays ? Pour quelle raison viennent-ils chez nous si ce n’est à cause de l’insolente santé de notre économie dans une Europe en plein marasme ?

Notre économie va bien. Et si elle va bien, c’est parce qu’elle peut recourir à la main-d’œuvre qui lui manque. Si elle va bien, c’est parce notre balance commerciale est excédentaire, parce que nous exportons des biens et des services de qualité, appréciés dans le monde entier.

Alors c’est vrai, barricader notre pays aura un impact immédiat :

Allez hop! On remet ça!

L’économie peinera à trouver la main-d’œuvre qui fait défaut en Suisse. Elle pourra donc difficilement honorer ses commandes. Dans le même temps, sans les accords bilatéraux qui seront dénoncés avec ce vote, elle se coupera de marchés essentiels.

La suite est simple :

Commandes plus rares ==> Récession
==> Baisse d’attractivité économique

En s’attaquant à la cause du mal, notre prospérité, l’UDC aura réussi son pari : l’immigration aura reculé.

Les partisans de la décroissance devraient voter cette initiative!

Mais n’y a-t-il pas une autre solution qu’une récession pour régler le problème des bouchons et des appartements rares ? D’autant que j’ai comme un doute : Genève est en situation de pénurie  de logement depuis des décennies, bien avant l’entrée en vigueur des accords bilatéraux !
Et si le problème était ailleurs ?

Et si Genève manquait de logements, parce qu’elle ne construit pas assez ?
Et si les routes étaient saturées, faute de nouveaux projets d’infrastructures ?

Ça tombe bien, pour apporter des réponses à ces problèmes, les Genevois se prononceront également le 9 février sur un indice de densité minimum du sol, permettant de construire plus et mieux, et sur un projet de financement des infrastructures et d’aménagement.

Autant de projets auxquels l’UDC s’oppose. Cherchez l’erreur.